SHAMAR
RINPOCHE : Introduction progressive au sens de la
méditation de Vimalamitra.
Suite de l’enseignement et ateliers de méditation
Mercredi
25 mai 2005, cinquième jour
Toujours autant de monde sous la rotonde, en ce beau jour de mai, pour
accueillir Shamar Rinpoché poursuivre son enseignement, traduit
du tibétain par Thinlay Tulkou, après les traditionnelles
prières au Bouddha et à Manjushri.
Rinpoché reprend ses explications sur la méditation de
lhaktong ; il disait hier que grâce à l’analyse, à la
sagesse discernante, on réalise l’absence d’existence
inhérente des caractéristiques du corps du Bouddha, de
nous-mêmes et de tous les phénomènes extérieurs.
Ceci parce que les phénomènes n’ont pas d’existence
propre, ils n’apparaissent qu’en rapport d’interdépendance.
Quand on analyse un phénomène, on constate qu’il
est constitué de parties, elles-mêmes faites de parties,
etc. pour arriver à la conclusion qu'ils n'ont aucune existence
inhérente. Exemples : une fleur, les sons, la nourriture,
les odeurs, etc., tout cela n’existe que parce que l’esprit
les saisit, cette réalité n’existe que parce que
nous en avons conscience.
Tous les phénomènes extérieurs n’existent
que par cette saisie que l'on exerce sur eux. Sans les phénomènes,
les consciences n’existeraient pas non plus. Le goût du chocolat
n’existe que parce qu’on le goûte.
Ainsi, les phénomènes sont des choses que l’esprit
expérimente ; une rivière sera de l’eau pour
les humains, un torrent de sang et de pus pour les esprits avides et
du nectar pour les dieux. Chacun perçoit la rivière selon
sa propre réalité, selon sa condition. On peut alors se
dire que ce que l’on perçoit en réalité et
dans les rêves sont tous deux vacuité dans leur essence,
ils ne sont expérimentés que par l’esprit, même
si, dans l’expérience réveillée de la réalité,
tout nous apparaît comme stable et constant.
De la même façon, on peut analyser son esprit et se dire
qu’on ne peut le trouver nulle part ; de cette analyse peut
découler une compréhension intellectuelle de la vacuité,
mais on ne peut en faire l’expérience.
Rinpoché revient sur la stabilité de l’esprit acquise
durant chiné, de l’accoutumance à cette pratique
qui permettra, après avoir analysé les phénomènes,
de faire l’expérience de la vacuité, de pacifier
l’esprit.
Dans « La marche vers l’éveil » Shantidéva
explique clairement : quand il n’y a plus dans l’esprit
ni phénomènes, ni non-phénomènes, l’esprit
devient libre, dépourvu de toute apparence, en paix.
Ensuite,
Shamar Rinpoché nous explique à nouveau l’importance
de chiné avant de pratiquer la vision pénétrante,
la vigilance qu’il faut conserver pour éviter torpeur et
agitation de l’esprit. Il insiste également sur la nécessité de
l’effort qui permet de garder en mémoire les antidotes aux
obstacles, grâce à cela, ils seront utilisés spontanément
par l’esprit. Cet état de continuité est appelé dans
certains ouvrages « le fleuve de la claire lumière »,
qui fait allusion aux qualités de l’esprit.
Il faut aussi faire bonne mesure entre trop de tension et trop de relâchement,
nous dit Rinpoché, qui par ailleurs nous invite à lire
les chants de Milarépa pour nous en inspirer, mais ne pas se méprendre
sur le niveau où l’on se trouve !
Grâce à l’effort et à la vigilance, spontanément,
tous les défauts, tous les obstacles à la méditation
de chiné et à celle de lhaktong seront dissipés.
Rinpoché ajoute que le plus gros défaut est la paresse,
mais qu’il peut être corrigé par la confiance et la
dévotion. Le défaut principal de chiné est de perdre
son point de focalisation.
Attention : trop d’effort tue l’effort, mais cela est
corrigé par la vigilance.
Shamar
Rinpoché nous quitte pour aujourd’hui, demain sera
le sixième jour et Rinpoché donnera la suite et la fin
de l’enseignement de Vimalamitra.
Les
ateliers de méditations se sont poursuivis après déjeuner,
sous un soleil brûlant, mais l’ombre des arbres de Dhagpo
est bienfaisante.
Le
jour précédent
Le
dernier jour
Reportage
sur sa précédente visite
Site de Shamar Rinpoche :
http://www.shamarpa.org Pages sur la lignée des Shamarpas
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