Visite
de lama Seunam, de Mahamoudra Ling à Dhagpo Kagyu Ling
12 juin
2005
Quand un pratiquant, resté 20 ans en retraite, arrive à Dhagpo
Kagyu Ling, nous nous demandons ce que sera sa vision sur les différentes
situations.
Lama Seunam, proche disciple de Guendune Rinpoché, a accompli deux retraites
de trois ans, puis il a été le premier, avec lama Lekshé, à construire
et occuper, durant 14 ans, Mahamoudra Ling, un centre de retraite de longue
durée.
A partir des instructions de Guendune Rinpoché, confirmées par
le 17e Gyalwa Karmapa, il interrompt sa retraite pour quelques mois.
Alors que le centre était fermé pour permettre à la communauté de
Dhagpo d’accomplir la semaine de retraite annuelle, lama Seunam a annoncé sa
visite pour le samedi 11 juin. Nous l'avons reçu pendant deux jours.
Jigmé Rinpoché étant absent, c'est lama Pourtsé qui
l'a accueilli avec lama Puntso. Lama Seunam, avec l'ensemble de la communauté,
a offert un mandala de l'univers devant le stoupa. Puis, lama Pourtsé a
invité lama Seunam et lama Lekshé à déjeuner avec
lui.
Partageant son temps entre les entretiens et les pratiques de méditation,
lama Seunam a expliqué combien il était heureux de revenir « à la
maison », le lieu où il a rencontré son maître
et reçu les premiers enseignements.
Le Dimanche matin, après une rencontre avec les lamas et drouplas de
Dhagpo afin de partager les perspectives et les différents vécus
de chacun, il a donné un enseignement, questions/réponses dont
nous vous livrons des extraits ci-dessous.
Le passage de lama Seunam à Dhagpo a vivifié la pratique de chacun.
Par la bénédiction de ses années de retraite, il a permis à chacun
de ressentir la nécessité de ne pas faire du Dharma une simple
connaissance, mais une pratique au quotidien, quel que soit son statut. Il
est reparti en nous disant : à bientôt...
La motivation
d’éveil
- Si on pose dès le départ la motivation de pratiquer pour
le bien des autres, quoi que l’on fasse dans l’activité ou
la pratique formelle, le fruit sera l’Eveil.
- Souffrir en voyant
la souffrance des autres n’est pas la compassion,
il s’agit de regarder en soi, pour comprendre l’autre.
- La paresse naît du manque de conscience de notre situation
de souffrance, ainsi que du manque de regard sur la souffrance
des autres.
- À
propos du découragement quant à développer la compassion
: la souffrance des êtres ne nous appartient pas ; il nous faut être
conscients de cette souffrance et s'efforcer de rassembler les moyens
d'aider les autres.
Soutenir un centre du Dharma
- Chacun doit se sentir
concerné, c’est cela qui donne la
force.
- Regarder ce que
les Maîtres ont fait pour que ce centre existe,
et préparer le futur par gratitude envers ceux qui nous ont précédés.
La relation au lama
- Le Gyalwa Karmapa
est attentif à tous et veut aider chacun d’entre
nous, croyez-le, c’est sûr.
- Le rôle du lama est d’agir sans répondre à nos
attentes ; le lama est compassionné, il veut aider l’étudiant.
L’étudiant, lui, doit s’ouvrir, sinon rien n’est
possible.
- Le chemin spirituel
est vaste, long et subtil, voilà pourquoi
on a besoin d'un lama.
Conseils
pour la pratique
- La pratique est à vivre au quotidien,
que ce soit dans l’activité ou
sur le coussin.
- Sans pratique
quotidienne, l’esprit ne peut être stable.
- Il faut sortir
de ce que l’on croit être pour rencontrer
la réalité.
- La pratique transforme
notre esprit, mais c’est par notre vision étroite
de la pratique que nous lui mettons des limites.
- L'enseignement
du Bouddha est là pour toujours, pour toute la
journée. L'enseignement ne se limite pas au moment
de la méditation
formelle.
- Pour renoncer,
il nous faut comprendre que la seule chose qui a de la valeur est
le Dharma.
- Prendre refuge,
c'est se donner une direction et en finir avec une autre.
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