|
De
très nombreuses personnes ont accueilli Shamar Rinpoché
le mardi 8 août à Dhagpo Kagyu Ling. En présence
d'une importante sangha, les participants ont assisté à
son enseignement portant sur les "Quatre Piliers de la Vigilance".
Différentes nationalités étaient présentes
: nous remercions tout particulièrement les traducteurs français,
anglais, espagnol, allemand et tchèque, qui ont permis à
chacun de recevoir la transmission donnée en tibétain.
Shamar Rinpoché enseignant le matin, les après midi
ont été consacrées à des ateliers de
méditation guidée et à des sessions de questions
réponses explicitant les enseignements très denses
du matin.
Durant
ces trois journées, Shamar Rinpoché, s'appuyant sur
un extrait du Tengyour, a donné des instructions de méditation
concernant le placement de l'attention sur le corps, sur les sensations,
sur l'esprit et sur les phénomènes.
En
introduction, Shamar Rinpoché a souligné le fait que
notre situation est vraiment favorable : l'espérance de vie
augmente, les moyens thérapeutiques sont de plus en plus
développés et l'enseignement du Bouddha se diffuse
à travers le monde, ce qui a pour effet de diminuer les conditions
difficiles. Cependant, nous risquons de gaspiller cette opportunité
car nous sommes souvent distraits par tant de bien-être et
pris par l'orgueil qui nous fait croire que nous avons compris le
Dharma et qu'il est inutile de le mettre en pratique.
De plus, autrefois l'éthique et la discipline étaient
des valeurs importantes, alors qu'aujourd'hui, c'est la liberté
individuelle qui est mise en avant si bien que nous devons voir
par nous-mêmes ce qui est vertueux. Les efforts personnels
sont donc nécessaires pour avancer sur la voie.
Shamar
Rinpoché a donné des instructions très détaillées
sur le placement de l'attention sur le corps, dans un style propre
aux soutras. Il a ainsi énoncé les trente-cinq façons
de saisir l'idée d'un corps (non pas dans le sens biologique,
mais en terme de saisie dun soi). Le corps a une existence
en fonction de l'idée que nous en avons, que ce soit le nôtre
ou celui des autres, il n'existe pas en tant que tel.
Par exemple, un buffle est grand par rapport à une souris,
mais il est petit par rapport à un éléphant.
Donc, le corps du buffle est à la fois grand et petit, tout
dépend du point de vue adopté.
La
démarche présentée dans le soutra consiste
en l'étude, la réflexion et la méditation.
Ce cheminement peut être comparé à une rivière
: l'étude est le lit de la rivière qui donne à
l'eau sa direction ; l'eau est la réflexion, l'analyse que
nous faisons à partir de l'étude ; la méditation
est l'océan dans lequel se jette la rivière.
Il s'agit d'appliquer ce même processus aux trois autres perspectives
: les sensations, l'esprit et les phénomènes.
La
mise en uvre de cet enseignement permet d'en obtenir le fruit.
D'une part, l'élimination de la saisie du corps comme étant
permanent, pur, source de félicité et ayant une existence
inhérente ; l'élimination de l'attachement aux sensations
agréables et à la croyance que le corps peut en être
la source ; l'élimination des concepts erronés liés
à l'esprit et aux phénomènes. D'autre part,
elle permet le développement des Quatre Nobles Vérités
: à travers l'attention placée sur le corps on réalise
la vérité de la souffrance (le corps est source de
douleur) ; l'attention sur les sensations nous montre l'origine
de la souffrance (saisie sur ce qui est perçu comme agréable
ou désagréable) ; l'attention placée sur l'esprit
nous connecte à la vérité de la cessation (voir
que l'esprit est vacuité) ; au niveau des phénomènes,
nous nous relions à la vérité du chemin (comprendre
ce qui est source d'obscurcissement et les antidotes à mettre
en uvre).
C'est alors la délivrance des obscurcissements et de l'existence
conditionnée.
|
|

AGRANDIR

AGRANDIR

AGRANDIR

AGRANDIR

AGRANDIR
>
D'autres
photos
CREDIT
PHOTO / DKL
|